Comment commencer ? Par ce train volontairement repoussé (pour une fois que je le décide!) parce que cette après-midi était douce -et romantique comme un vieux bar de l'est bleu de fumée. Quand je reculais les échéances, je paniquais. Je goutte au délice du temps qui passe. Un comble, je ne fais pas de photo. Enfin, je ne vais pas tarder… pour février.

La lumière est magistrale. Un truc rare. Je le note peut-être parce que je n'écris pas souvent les après-midi. Les nuages se distinguent juste en apesanteur, mollement. Ils diffusent un soleil surnaturel qui rase l'horizon, au sens propre. Il disparait. Plus d'horizon dans mon paysage. De la lumière et de la musique. Beaucoup de musiques. Embruns salés d'une mer hypothétique qui doit bien exister là-bas.

L'année a commencé tellement vite que je ne m'en suis pas rendu compte, regarder le temps couler, se délecter des instants qui passent sans essayer de les attraper, ils se transforment en moment, valeur sûre, ce sont des bas dont on prend le temps de les regarder filer.

C'est le mood de fin de mois qui découle d'un début bille en tête. Des tunnels franchis comme des ponts, dans le silence ferroviaire des transports en commun, le temps de regarder à travers la vitre comme on regarde au dedans de soi.

Un début d'année comme on contemple un paysage de loin, avant de l'arpenter. Les creux, les bosses, les clôtures, les forêts, de loin en loin, ont un tapis douillet. L'éloge du franchissement prend tout son sens en le parcourant.

De retour à Paris. Des états d'âme en l'air quand je regarde les volutes de la fumée grimper dans mon carré de ciel nocturne clair de ville sur la passerelle devant la porte. Ils grimpent comme si la gravité n'avait pas de prise, le temps de refroidir. Je fais des ronds. Je tiens mes engagements, le silence de la nuit est celui de ma bouche, d'or.

Même les passions s'entretiennent dans l'étrange intériorité de nos sentiments qui glissent au bord des lèvres et se verbalisent en battements de cils. Normal, tout est ténu, la nuit, quand on écoute les gens dormir, je pense à la campagne en bleu quand le soleil se couche. Je pense qu'une photo n'est jamais bonne quand on la voit. Il faut la sentir, juste avant, deviner le bon moment.

Les images balancent de Patti à Christie, le swing musical, rengaine habituelle de la curiosité, entre Allen Giseberg et les Ferrandaises de mon cousin Ondet. Le marché de Noël sous clé et une Mairie majuscule qui disparaît dans le sodium des réverbères, des rugbymen à l'aise comme dans un jeu de quille, la Tour Eiffel de Noël et des passantes éblouissantes. Le canal, le train, le trait d'union par où tout a commencé. Des chemins de travers. Un Nord, un Sud, un Est, un Ouest, et presque même un semblant de direction.

 C'est l'année qui commence, parce qu'il faut bien un début entendu. Elle n'aurait pu commencer autrement.

 

— ALBUM JANVIER 2011 —

 

001_JANVIER11074_JANVIER11

 

En fanfare

 You Came To Me - Beach house

Hellhole Ratrace - Girls

Synchronize (feat. Jarvis Cocker) - Discodeine

Crucify Tour Mind - Rodriguez

I'm Gone - Tu Fawning

Round The Moon - Summer Camp

You Can Never Get Lost (When You've Nowhere To Go) - Piano Magic

It Girl - The Brian Jonestown Massacre

Slippin - Quadron

Lost Cause - Beck

It Don't Mean a Thing (If It Ain't Got That Swing) - Ella Fitzgerald and Duke Ellington

Arena - Suuns

Helicopter - Deerhunter

Caramel - Suzanne Vega

t-family: 'times new roman', times;">Carmencita - Devendra Banhart